
Chat
numéro 8
A
moins qu’il n’arrive à dissimuler quelque réflexion profonde (qu’il ne partage
en tout cas pas avec ses maîtres) sur l’avenir du monde, ne pense toujours qu’à
manger. Ne s’éloigne jamais de la gamelle qui même vide conserve une
probabilité non nulle de se remplir par miracle ou par l’opération des mains
nourricières qu’il sollicite sans vergogne.
Chat
numéro 9
De plus en plus craintif (oui, plus encore), c’est
quand même lui qui peut disparaître cinq jours sans donner signe de vie ni
explication à son retour. Semble même effrayé à l’idée de manger à côté de son
frère capable de le dégager pour améliorer son ordinaire. Profite donc a) d’une médaille portant le numéro de téléphone des maîtres
et b) d’un lieu de dégustation privilégié de sa ration de Felix tendre effilé au saumon
(loin de l’autre en tout cas).
Enfant
numéro 1
Part
à plusieurs reprises avec compagnon et enfant à Gérardmer, haut lieu vosgien du
film d’horreur psychologique et du folk-horror (pour
les nuls, non, on ne sait pas ce que c’est mais c’est écrit dans le communiqué
de presse). Peut-être un voyage en Traffic avec deux chats hurlants et malades
(dont un récupéré à la tombée de la nuit après une fugue d’une demi-journée) en
liberté dans la cabine de pilotage parce que les caisses de transport ne
rentrent pas, un enfant épuisé de n’avoir pas dormi et décidé à imiter ses
compagnons poilus en est-il un exemple, surtout s’il se termine sur une route
de montagne sans éclairage et qu’on doit à l’arrivée réveiller l’enfant qui
vient de s’endormir.
En
dehors de ces vacances de rêve, la vie s’organise rue Juliette Dodu (toujours
sans e), cadencée principalement par les allers-retours à la crèche et les encore
courtes nuits du petit enfant (ou enfant, tout est relatif), donc a fortiori
des parents (ou enfant pour la même raison).
On
essaie toutes sortes de doudous possibles et imaginables, allant du macareux au
dinosaure en passant par le gentil lion du crédit lyonnais et plusieurs races
de mammifères ou céphalopodes parfois achetés en double (ben oui, c’est
malin : s’il en perd un, ça évitera les crises) sans que l’enfant n’y
trouve le moindre intérêt.
Un
jour qu’on prépare un café avec une cafetière (oui, mais une véritable
Bialetti) et qu’on lui fait remarquer qu’il faut se méfier, car « c’est
chaud », il s’enthousiasme pour l’objet et la formule. La cafetière
devient une passion, et son absence ou sa privation une frustration. Heureusement,
il y en a trois au moins à Montreuil (dont une fausse Bialetti ‑et même
une en plastique, mais l’enfant se laisse encore abuser par ce genre de
falsification - pour combien de temps ?), trois à Malakoff, dont une qui
lui est réservée, un nombre sans doute respectable à Leers (pour les nuls,
Leers, lieu de résidence des autres grands-parents est une ville frontière dont
une borne frontalière historique a été récemment repeinte en jaune par un
employé de la voirie qu’on a jugé un peu trop zélé – un peu comme si un crétin
s’amusait à mettre une pyramide en verre en plein milieu de la cour du Louvre).
Enfant
numéro 2
L’évènement de l’année est le mariage annoncé,
loin du domicile pantinois qui aurait été plus pratique pour les parents, en
tout cas les Malako-parisiens, malgré une
interrogation encore pas résolue, ou au moins toujours oubliée sur le choix
optimal de la station de correspondance : Jaurès ou Stalingrad, telle
qu’on se dit à chaque fois que « ah non, on s’est encore trompé, ça devait
être l’autre la mieux et non merci monsieur, je n’ai pas besoin de vos petits
sachets de poudre ni de vos jolies pilules de toutes les couleurs ».
Au bout d’un suspens savamment entretenu, on
apprend que le mariage civil aura lieu à Saint-Maurice l’Exil (gentilé : le Samauritain , ce qui fait
pouffer de rire Malakoffiot et Malakoffiotte) et que
l’autre, le pas civil, mais pas religieux, mais le vrai celui avec les vœux,
les rires et les larmes, les beaux vêtements et le champagne se tiendra à Romans-sur-Isère
(une capitale de la chaussure de qualité) qu’on s’empresse de chercher sur une
carte de l’Isère avant de comprendre que la perfide se situe dans la Drôme.
Les 13 et 14 juin, après une dizaine d’années de vie commune et une bonne
dizaine de mois de préparation, le couple accueille une dizaine de dizaines de
convives grâce à une organisation sans faille où le chifoumi prend une grande
importance.
Les maîtres de cérémonie, impeccables de rigueur, organisent des quizz
où il s’agit de deviner le motif du caleçon du marié, le nombre de check-lists,
de crises de nerfs et de menaces de rupture engendrées par la préparation du
mariage.
Le marié prononce en premier ses vœux (car il a gagné au chifoumi) suivi
par la mariée (car elle a perdu). Le tout se fait dans les rires, les larmes,
les beaux vêtements et un enchevêtrement de rubans.
Les rubans (ou d’autres) sont utilisés pour
un jeu pseudo-aléatoire dont le gagnant est supposé être le prochain ou la
prochaine marié(e). On se doit cependant
de signaler quelques ratés entre celle qu’on entend hurler « qu’est-ce que
je f… là, je veux pas me marier » et une non
participante déçue de n’avoir pas eu sa place.
A entendre les professions de l’assistance :
de l’urgentiste au cardiologue en passant par le chirurgien du haut, le
chirurgien du milieu, et l’urologue (n’oublions pas les pharmaciens et les
juristes), les parents souffreteux sont complètement rassurés.
Les mariés ouvrent le bal et attendent à
peine la dernière note de musique pour démarrer un chifoumi sonorisé où on
croit entendre le cri de l’œuf (oui, ça crie « œuf, œuf, œuf ») puis
celui du poulet (« cot, cot, cot ») repris comme un seul homme par la
quasi-totalité du corps médical avec des déplacements qui tiennent à la fois de
la danse de Saint Guy et du mouvement brownien. Les parents souffreteux sont un
peu moins rassurés.
Un photomaton ® en libre-service (mais c’est pas un vrai) permet à chacun d’immortaliser à sa
manière les moments qui suivent.
Quand, quelque temps après, d’aucuns leur
demandent en quoi le mariage a changé leur vie, les jeunes époux répondent
qu’après, on n’a plus rien à préparer.
Retraite numéro 1
Lors d’un voyage au pays des calissons et de
Cézanne (voir plus bas) égare ou se fait égarer, entre le roi René et la
montagne Sainte Victoire un porte-cartes et des cartes qu’il porte :
bancaire, identité, vitale (sans laquelle on peut heureusement vivre mais pas
si bien, comme en témoigne la réaction du pharmacien pourtant de famille depuis
quelques années qui, au fur et à mesure des visites, finit par regarder les
attestations délivrées (à défaut d’un inextricable
remplacement qui s’éternise
entre mails en réponse automatique et hot line sursaturée de la mort qui tue,
veuillez rappeler ultérieurement ou nous contacter par mail, bip bip bip) par l’assurance
maladie avec l’œil doublement suspicieux du type à qui on tend un billet de
cinq cents euros pour acheter une seringue.
Heureusement, une
précieuse carte de fidélité Monoprix est reconstituée grâce à un numéro de
téléphone et reste maintenant disponible « on line » sur simple
présentation de la bonne appli qu’il a suffi de télécharger, installer,
identifier, mettre sur l’écran d’accueil, ah ben non il est verrouillé, voilà,
vous voyez le code barre, ah non, faudrait que vous le retourniez, non dans
l’autre sens, cette fois c’est bon, ce qui évite le syndrome dit de « zaï zaï zaï »
(pour les nuls, se procurer en urgence l’indispensable ouvrage de Fabcaro).
Lors de la
préparation de l’anniversaire d’une amie trentenaire (pour raison de
confidentialité, l’âge a été changé) férue de voyages, mais plus trop à
l’approche de la quarantaine (pour raison de confidentialité, l’âge a encore
été changé), s’amuse à subtiliser une brochure de voyages et à en découper
quelques photos avant de les coller sur un paquet cadeau digne de célébrer un
demi-siècle (pour les nuls, oui, c’est toujours pour la même raison).
La fête passée, l’œil
est attiré par les 95% de brochure intacte dont un voyage en Chine qui a l’air
vachement bien, et il y a Pékin et la grande muraille et t’as
vu la croisière, tiens justement demain on repasse devant l’agence, on pourrait
aller voir. L’agent de voyage visiblement pas experte de l’Empire du Milieu n’a
pas à forcer son talent puisque, de toute façon, ça reste vachement bien et se
contente de mettre un peu de pression sur les délais. A la sortie le conjoint
s’inquiète sur le thème « j’ai l’impression que tu étais prête à réserver
– ah ben non je suis pas folle et de toute façon, elle
a bloqué les places et elle nous a laissé deux jours ».
Le temps de convertir
quelques bitcoins et d’un aller-retour en Suisse, l’acompte est versé, mais on
pourrait demander une prolongation pour Hong-Kong, ça te plairait !
Retraites
numéros 1 et 2
1 et 2 prennent l’habitude de venir rue
Juliette Dodu garder l’enfant de l’enfant numéro 1, de façon assez peu efficace
puisque son premier doudou (pour ceux qui croient avoir suivi, non, ce n’est
pas la cafetière) reste sa maman qui se trouve -par un heureux hasard pour lui
et malheureux pour la mission qu’on est supposé remplir- présente en
télétravail à portée de câlin.
Hors les murs, on abandonne progressivement les virées au
super U pour le centre commercial de Val de Fontenay, son manège, son resto BoHeBon, ou, les grands jours, pour le centre Tignous de Montreuil qui a la bonne idée de présenter une
exposition Tignous, et, en saison, les vitrines
parisiennes des Galeries Lafayette.
Pour leur
déplacement dans la Drôme, les parents du groom résolvent tant bien que mal
leur problème d’apparence en faisant appel à The Kooples,
puis dédaignant une proposition de personal shopper en s’adressant au miaou des Batignolles,
commerce de proximité (au moins quand on réside aux Batignolles) où une experte
très investie de sa mission de conseillère de la mère du marié déniche quelques
bijoux, pantalons et robes en affirmant que et voilà, ça fait le job.
Après la
noce, de retour en région parisienne, après mise à disposition du contenu du photomaton
®, les parents souffreteux sont surtout rassurés qu’aucune intervention du
corps médical ne se soit avérée nécessaire.
Retraite
numéro 2
En se
faisant un peu prier, mais pas trop, mais quand même, livre un discours quasi
inaugural (car ainsi en ont décidé les maîtres de cérémonies non sans s’être
enquis du ton général de la prestation) à la cérémonie pas civile ni religieuse
du mariage d’enfant numéro 2. Il y est question du temps qui passe et du temps
passé, de la maternité (celle où on est allé le chercher) des noms et surnoms,
de Rinounou à Chaton, des détestables pharmaciens
lyonnais, un peu de Bob Dylan, du bermuda onion et
son marbre redoutable, un peu des traumatismes du choix des vêtements (que
portent les parents) et beaucoup de la faluche (que portèrent, entre autres,
l’enfant et la jeune épousée), dont l’évocation semble faire remonter quelques
souvenirs dans une grande partie de l’assistance et enfin du temps à venir qui
reste le meilleur.
Pour compenser la déprimante et inextricable absence de carte vitale de
sa conjointe, décide de dématérialiser la sienne sur son téléphone, opération
relativement simple, à condition de posséder l’originale et totalement inutile
puisque le premier pharmacien cobaye ne voit même pas ce qu’il pourrait faire
avec le téléphone d’un patient.
Vaste
monde cruel
L’année
commence cruellement et Carla Bruni, Amanda Lear, Mick Jagger (que le Figaro
appelle « Le monde de la culture » et il n’est pas question de
Rachida Dati) pleurent Marianne Faithfull. Nous aussi avec des souvenirs de la -encore-
jeune et belle chantant working class hero poing levé et de la
-déjà- vieille dame appuyée sur des béquilles croisée à un concert de Leonard
Cohen.
Le monde de
la musique perd aussi Roberta Flack, Peter Yarrow de Peter Paul & Mary,
David Thomas de Père Ubu, Nicole Croisille une femme avec toi, Steve Cropper funkiste, Jimmy Cliff reggae man, Ozzy Ozbourne chanteur
bien fêlé, Hermeto Pascoal jazzeux, Rick Davis supervagabond, Jogn Lodge un Moody Blues qui chante la
nuit, Chris Rea ex-miraculé du pancréas.
Charlie Kirk
militant antipathique, Jean Tiberi truand parisien, Claude Allègre expert en Soufrière.
Au
cinéma : Bertrand Blier, Val Kilmer, Yves Boisset, David Lynch, Robert
Redford le kid de Butch, Diane Keaton l’Annie de Woody, Bjorn Andresen (trop)
beau gosse de Mort à Venise, Terence Stamp, Gene Hackman et les
pétroleuses Claudia Cardinale et Brigitte Bardot.
Mention
spéciale aux deux Wilson : Brian auteur compositeur des Beach Boys qui n’avait peur que de McCartney, puis Bob, metteur en scène de
Puccini à Tom Waits et de Bach à Rufus Wainwright.
Philippe
Soulas et Edika, dessinateurs.
Philippe Labro parolier pour
Johnny et présentateur pour Bolloré, Jean-Luc Petitrenaud auteur d’escapades
gourmandes, Thierry Ardison intervieweur énervant et Jean-François
Kahn dépasseur de clivage professionnel.
Et après une
dernière apparition le dimanche de pâques, Jorge Mario Bergoglio, pape.
L’affaire Sarkozy (précision utile :
celle du financement de sa campagne par Khadafi) se conclut par une
condamnation à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt et exécution
provisoire (pour les nuls, même si tu fais appel, tu vas en taule). On doute
jusqu’au bout que l’incarcération puisse avoir réellement lieu, jusqu’à ce
qu’elle ait réellement lieu, le 21 octobre, sans qu’on sache si en prison il
devra porter son bracelet électronique (précision utile celui que lui a valu
l’affaire de « corruption et trafic d’influence, pour les écoutes
“Bismuth” »).
Pendant
qu'une partie de la France savoure l’instant (dont certains en buvant un whisky
français en hommage à la justice française) qu'on sait de courte durée, et
qu’une autre crie que c’est pô juste, l'ex met à
profit de tâter de la cellule humide pour entamer un régime yaourté
et rédiger un ouvrage bien senti d'où il ressort qu’il n’a pas savouré ces
instants mais se range catégoriquement du côté de ceux qui pensent que c’est pô juste. Circulent sur internet certaines extraits où il
se lamenterait de la qualité du papier (qu’il soit hygiénique ou à lettres). Ce
sont des faux plus vrais que nature ; en revanche, il se plaint réellement
de l’absence de pommeau de douche et se félicite de s’être fait une nouvelle
copine en la personne d’une autre femme politique avec qui il partage un besoin
de reconstruction de la droite, une propension à traîner quelques casseroles et
à jouer les Calimero en se prenant pour Navalny, Mandela et Martin Luther King. Il est déchu de sa
légion d’honneur, événement qu’on apprécie d’autant plus qu’on sait que
l’actuel président était contre.
A propos de
quelques pratiques qu’on dit condamnables mais courantes dans certaines
institutions religieuses Bayrou ne savait pas mais sait qui savait, en toute logique,
il ne doit pas savoir ce que savaient ceux qui savaient.
Le 12 juin
2025, à l’occasion de l’assassinat d’une surveillante de collège, il se déclare
favorable à tout ce qui peut améliorer la sécurité.
Pour préparer
les économies nécessaires à son prochain budget, il préconise la suppression de
deux jours fériés. Malgré le soutien tout en subtilité de Marc Fesneau, député
du Loir-et-Cher qui déclare « Aujourd'hui les jours fériés sont payés, la
seule différence c’est qu’ils seront travaillés », la proposition n’obtiendra
pas le succès escompté auprès de ces fainéants de travailleurs.
Le 6 Mars
2025, Sébastien Lecornu assénait que : « des programmes d’armement
c’est de la création de richesse » ; le réarmement a le vent en
poupe, et c’est lui qui est nommé premier ministre, en septembre, et puis non,
et puis si, et avec toujours la même ministre de la Culture.
Il se fixe
l’objectif de faire établir avant la fin de l’année un budget pour la France,
faute de quoi des ulcères affligeront l'homme et le bétail, la
grêle détruira les récoltes et les arbres, les ténèbres dureront
trois jours et Rachida Dati restera à la Culture.
Au Chili, et
cette fois -pour le moment- sans tuer personne, un candidat d’extrême droite
arrive au pouvoir. Une fois le résultat connu, un groupe d’admirateurs scande
"Pinochet, Pinochet" et brandit des portraits de l'ex-dirigeant, qu'a
défendu par le passé le président élu.
D’une façon
générale, le dérapage incontrôlé à droite semble assez tendance de par le monde.
Voyages
« Puffin compares to ewe » : cette assertion référence à
l’excellente chanson du regretté Prince, popularisée par la regrettée Sinéad
Oconnor sert de légende au dessin d’un macareux perché sur le dos d’un mouton
et résumerait bien un voyage où on va enfin visiter la « ewe experience », à quelques kilomètres de Glengariff jardin bizarre fait de bric et de broc, peuplé
d’escargots géants, de trônes abandonnés, de renards dans un berceau et
finalement de peu de moutons sauf en tenue de paysan. On apprend que l’endroit qu’on
a raté pendant des années ferme finalement ses portes.
On nous avait indiqué un nouveau paradis des macareux en nidification.
Après un échec total en Islande (2023) et un succès mitigé aux sept îles, au
large de Perros-Guirec (2024), 2025 est enfin l’année où l’on est in the right
place at the right time et les volatiles viennent se bousculer à nos pieds et
nous manger dans la main, malgré le vertige qui nous cloue au bas de Skellig Michael. On les photographie en marche, au repos et
en vol, mais pas s’accouplant, ce qui est pourtant normalement la raison de leur
court séjour sur place. On est bien en Irlande et ses glaces « 99 »
qui coulent le long du cornet (sans doute à cause de la chaleur) à peine a-t-on
eu le temps de s’emparer de la barre de chocolat. On fait l’impasse sur le Gap
of Dunloe et sur l’achat du quasi-rituel CD de
musique folklorique qu’on ne pourrait écouter dans un véhicule de location limité
au mp3. (Un expert en marketing serait bien inspiré en conseillant aux vendeurs
de CD et aux loueurs de voiture qui ont la même cible de clientèle d’accorder
leurs violons et leurs bodhrans).
En revanche, on teste à Killarney la dégustation du terrible affrontement
Irish whiskey contre Scottish whisky. Il n’est heureusement pas demandé au
client de se prononcer.
On a réservé la traditionnelle soirée d’un bel anniversaire, cette fois
le restaurant est supposé se déplacer (d’où sa présence dans la rubrique
voyages) mais on apprend le matin du soir qu’il n’en sera rien pour un problème
de batterie. On accepte quand même, car le concept du « sur Seine » reste
sur Seine même à quai. Le restaurateur rappelle bien vite s’avisant assez
tardivement que sans batterie le bateau ne bouge pas et les plats ne chauffent
pas. On se rabat en catastrophe sur le Pavyllon,
restaurant de rez-de-chaussée et d’entrée de gamme (malgré le « y »
qui lui donne un certain prestige) du groupe Yannick Alléno.
Pour célébrer les cinquante
ans de leur arrivée dans une école stéphanoise, quatre ex partagent l’idée
d’une réunion exceptionnelle mais contrainte par certaines règles de majoration
temporelle (trois heures, ça va) et d’équidistance. Le barycentre semble se
situer autour de Bourges où l’on va se retrouver dans ce qui, bien que
l’expression eût fait florès, ne fut finalement pas un cloaque. Les mineurs
satisfaits et satisfaisants reçoivent même de la propriétaire du lieu un
diplôme de bon voyageur qui signifie qu’ils n’ont rien volé et bien nettoyé en
partant.
Pour une petite
visite à Guédelon où quelques passionnés construisent
un château sans électricité mais avec des chaussures de sécurité, on se pose à
Saint Fargeau, son musée de l’aventure du son et son
château qui a hébergé la grande Mademoiselle et Jean d’Ormesson (pas la même
nuit).
On passe quelques
jours à Aix-en-Provence pour le bestiaire magique de Niki de Saint Phalle. On
en profite pour admirer quelques montagnes et quelques pommes de Cézanne, mais assommé
par un covid, pas pour déguster la bouillabaisse espérée à Marseille.
Musique et autres
distractions
Ainsi va
l’Opéra moderne : malgré une vue perçante qui lui permet d'admirer les
toits de Montmartre depuis la navette spatiale ou il est en perdition, Rodolfo
ne parvient pas à réchauffer les doigts de Mimi ni à ne pas mourir asphyxié
dans un terrain vague vaguement lunaire. Aida joue de la trompette en treillis
tandis que les adversaires épargnés dans l'œuvre originale sont liquidés d'un
coup de kalachnikov, mais Figaro se marie malgré un Chérubin casquette à
l'envers et les Walkyries chevauchent tranquillement (en tenue de plongée).
Sans
treillis mais en noir sur une scène obscure, Dylan travaille son camouflage.
Quand il se tourne de son tabouret de piano pour prendre sa guitare, il se
retrouve complètement dos au public.
Travaux
et aménagements
Toujours en
attente d’un toit conforme aux règles de l’art et, sachant que se tient le 7
mai au tribunal de Nanterre une audience spécialement dédiée au manque de
paisibilité de la jouissance de la maison, on commence à flipper grave pour
savoir comment ça se passe et quels arguments risquent de s’opposer à notre
bonne foi et notre impaisibilité.
On contacte le cabinet gracieusement missionné
pour nous représenter. Maître Averèle Koudoyor nous rassure sur le fait que tout se passera entre
avocats et qu’elle n’a pas besoin de plus d’information que le dossier est solide
(à défaut du toit) nous pouvons rester, paisiblement ou pas, chez nous.
Il semble a posteriori que tout se soit bien
passé (sans qu’on sache vraiment tout quoi) et qu’un expert indépendant ne
devrait pas tarder à rentrer en contact (sans qu’on sache vraiment avec qui).
Se tient une
réunion téléphonique obligatoire entre une médiatrice (diplômée d’état et
assermentée), les plaignants (pour les nuls : nous) et une dame pas très
au courant qui nous demande si par hasard, on n’aurait pas des nouvelles de
l’entrepreneur qui a disparu mais qu’elle semble représenter de loin. La
réunion d’information sur la médiation consiste à informer les parties qu’il
peut y avoir une médiation. Vous causerez ou pas et ça va vous couter des sous.
On doit constater l’échec de la médiation par absence d’un médié, et on
reçoit via Maître Dikpeu-Eric Bale (au nom quand même moins fun qu’Averèle) une proposition
de dédommagement par le conseil de la partie adverse.
Le protocole signé le 4 décembre, sur la base du devis établi le 8
juillet 2024 donne quinze jours au payeur pour payer.
Le scooter
électrique péniblement importé fonctionne parfaitement mais l’importateur a
fait faillite et l’entretien nécessaire devient difficile à faire réaliser. On
trouve une officine qui travaille en déléguant un mécanicien sur place. Le gars
se pointe donc sentier de la sablonnière avec trois clefs à molette et deux
tournevis, et comme on lui demande si tout va bien répond que oui, ça a l’air,
mais vous savez, s’il y a des problèmes, on attend plutôt que le client nous
les signale.
On fréquente la rue des Dames suffisamment
pour obtenir une facture de gaz qui permet de s’inscrire sur les listes
électorales et voter de façon à laisser la ministre-maire-candidate à la Culture
(tant pis pour la Culture).
.
Travaux et aménagements
Sans
nouvelle du payeur supposé du protocole, on présente hypocritement nos vœux à
Maître Bale en espérant surtout qu’il va se bouger pour récupérer les fonds
supposés passer par lui, avec pour objectif final de faire effectuer en 2026
les travaux du devis de juillet 2024 rendus nécessaires par rénovation de 2023.
On aimerait
aussi dénicher un réviseur de scooter plus autonome.
Petit enfant numéro 1
Ses grands-parents (pour les nuls : appelés
plus haut parent numéro 1 et parent numéro 2) jugent malin d’offrir un livre
souvenir retraçant son année écoulée. Feuillette machinalement l’ouvrage
jusqu’à tomber en arrêt devant les photos où il reconnaît la cafetière et bien
qu’il sache au moins dire « le chat », « maman »,
« papa », et « cafetière » déclare « c’est
chaud ». Une fois le livre refermé, réclame périodiquement et
véhémentement qu’il soit rouvert à la page intéressante.
Projets, voyages
et déplacements
Il n’est
plus question de chercher les macareux dont on a eu une bonne dose, mais on
nourrit l’espérance que le bateau Ducasse Sur Seine se munisse de solides batteries
capables de nous faire naviguer le temps d’un bon repas bien chaud.
Aller en Chine,
et prolonger à Hong Kong (ça te plaira) d’autant que malgré la Visa premier et
l’Amex gold, on a souscrit à l’assurance du voyagiste, c’est quand même plus
sûr.
Vaste monde cruel
On espère un budget
pour la France (sinon grêle, sauterelles, famine et augmentation du prix du
timbre).
Donner à l’ancien Président les moyens de
rédiger in situ le tome 2 de son déchirant best-seller, et pourquoi pas en
compagnie de sa nouvelle amie, voire de la plus ancienne encore à la Culture.
Parent numéro 1 : Hélène. Bisous et
bonne année.
Parent
numéro 2
: Didier. Bisous et bonne santé.