Chat numéro 8

A moins qu’il n’arrive à dissimuler quelque réflexion profonde (qu’il ne partage en tout cas pas avec ses maîtres) sur l’avenir du monde, ne pense toujours qu’à manger. Ne s’éloigne jamais de la gamelle qui même vide conserve une probabilité non nulle de se remplir par miracle ou par l’opération des mains nourricières qu’il sollicite sans vergogne.

 

 

Chat numéro 9

De plus en plus craintif (oui, plus encore), c’est quand même lui qui peut disparaître cinq jours sans donner signe de vie ni explication à son retour. Semble même effrayé à l’idée de manger à côté de son frère capable de le dégager pour améliorer son ordinaire. Profite donc a) d’une médaille portant le numéro de téléphone des maîtres et b) d’un lieu de dégustation privilégié de sa ration de Felix tendre effilé au saumon (loin de l’autre en tout cas).

 

 

Enfant numéro 1

Part à plusieurs reprises avec compagnon et enfant à Gérardmer, haut lieu vosgien du film d’horreur psychologique et du folk-horror (pour les nuls, non, on ne sait pas ce que c’est mais c’est écrit dans le communiqué de presse). Peut-être un voyage en Traffic avec deux chats hurlants et malades (dont un récupéré à la tombée de la nuit après une fugue d’une demi-journée) en liberté dans la cabine de pilotage parce que les caisses de transport ne rentrent pas, un enfant épuisé de n’avoir pas dormi et décidé à imiter ses compagnons poilus en est-il un exemple, surtout s’il se termine sur une route de montagne sans éclairage et qu’on doit à l’arrivée réveiller l’enfant qui vient de s’endormir.

 

En dehors de ces vacances de rêve, la vie s’organise rue Juliette Dodu (toujours sans e), cadencée principalement par les allers-retours à la crèche et les encore courtes nuits du petit enfant (ou enfant, tout est relatif), donc a fortiori des parents (ou enfant pour la même raison).

On essaie toutes sortes de doudous possibles et imaginables, allant du macareux au dinosaure en passant par le gentil lion du crédit lyonnais et plusieurs races de mammifères ou céphalopodes parfois achetés en double (ben oui, c’est malin : s’il en perd un, ça évitera les crises) sans que l’enfant n’y trouve le moindre intérêt.

Un jour qu’on prépare un café avec une cafetière (oui, mais une véritable Bialetti) et qu’on lui fait remarquer qu’il faut se méfier, car « c’est chaud », il s’enthousiasme pour l’objet et la formule. La cafetière devient une passion, et son absence ou sa privation une frustration. Heureusement, il y en a trois au moins à Montreuil (dont une fausse Bialetti ‑et même une en plastique, mais l’enfant se laisse encore abuser par ce genre de falsification - pour combien de temps ?), trois à Malakoff, dont une qui lui est réservée, un nombre sans doute respectable à Leers (pour les nuls, Leers, lieu de résidence des autres grands-parents est une ville frontière dont une borne frontalière historique a été récemment repeinte en jaune par un employé de la voirie qu’on a jugé un peu trop zélé – un peu comme si un crétin s’amusait à mettre une pyramide en verre en plein milieu de la cour du Louvre).

 

 

Enfant numéro 2

L’évènement de l’année est le mariage annoncé, loin du domicile pantinois qui aurait été plus pratique pour les parents, en tout cas les Malako-parisiens, malgré une interrogation encore pas résolue, ou au moins toujours oubliée sur le choix optimal de la station de correspondance : Jaurès ou Stalingrad, telle qu’on se dit à chaque fois que « ah non, on s’est encore trompé, ça devait être l’autre la mieux et non merci monsieur, je n’ai pas besoin de vos petits sachets de poudre ni de vos jolies pilules de toutes les couleurs ».

Au bout d’un suspens savamment entretenu, on apprend que le mariage civil aura lieu à Saint-Maurice l’Exil  (gentilé : le Samauritain , ce qui fait pouffer de rire Malakoffiot et Malakoffiotte) et que l’autre, le pas civil, mais pas religieux, mais le vrai celui avec les vœux, les rires et les larmes, les beaux vêtements et le champagne se tiendra à Romans-sur-Isère (une capitale de la chaussure de qualité) qu’on s’empresse de chercher sur une carte de l’Isère avant de comprendre que la perfide se situe dans la Drôme.

 

Les 13 et 14 juin, après une dizaine d’années de vie commune et une bonne dizaine de mois de préparation, le couple accueille une dizaine de dizaines de convives grâce à une organisation sans faille où le chifoumi prend une grande importance.

Les maîtres de cérémonie, impeccables de rigueur, organisent des quizz où il s’agit de deviner le motif du caleçon du marié, le nombre de check-lists, de crises de nerfs et de menaces de rupture engendrées par la préparation du mariage.

 

Le marié prononce en premier ses vœux (car il a gagné au chifoumi) suivi par la mariée (car elle a perdu). Le tout se fait dans les rires, les larmes, les beaux vêtements et un enchevêtrement de rubans.

Les rubans (ou d’autres) sont utilisés pour un jeu pseudo-aléatoire dont le gagnant est supposé être le prochain ou la prochaine marié(e). On se doit cependant de signaler quelques ratés entre celle qu’on entend hurler « qu’est-ce que je f… là, je veux pas me marier » et une non participante déçue de n’avoir pas eu sa place.

 

A entendre les professions de l’assistance : de l’urgentiste au cardiologue en passant par le chirurgien du haut, le chirurgien du milieu, et l’urologue (n’oublions pas les pharmaciens et les juristes), les parents souffreteux sont complètement rassurés.

 

Les mariés ouvrent le bal et attendent à peine la dernière note de musique pour démarrer un chifoumi sonorisé où on croit entendre le cri de l’œuf (oui, ça crie « œuf, œuf, œuf ») puis celui du poulet (« cot, cot, cot ») repris comme un seul homme par la quasi-totalité du corps médical avec des déplacements qui tiennent à la fois de la danse de Saint Guy et du mouvement brownien. Les parents souffreteux sont un peu moins rassurés.

Un photomaton ® en libre-service (mais c’est pas un vrai) permet à chacun d’immortaliser à sa manière les moments qui suivent.

 

Quand, quelque temps après, d’aucuns leur demandent en quoi le mariage a changé leur vie, les jeunes époux répondent qu’après, on n’a plus rien à préparer.

 

 

Retraite numéro 1

Lors d’un voyage au pays des calissons et de Cézanne (voir plus bas) égare ou se fait égarer, entre le roi René et la montagne Sainte Victoire un porte-cartes et des cartes qu’il porte : bancaire, identité, vitale (sans laquelle on peut heureusement vivre mais pas si bien, comme en témoigne la réaction du pharmacien pourtant de famille depuis quelques années qui, au fur et à mesure des visites, finit par regarder les attestations délivrées (à défaut d’un inextricable remplacement qui s’éternise entre mails en réponse automatique et hot line sursaturée de la mort qui tue, veuillez rappeler ultérieurement ou nous contacter par mail, bip bip bip) par l’assurance maladie avec l’œil doublement suspicieux du type à qui on tend un billet de cinq cents euros pour acheter une seringue.

Heureusement, une précieuse carte de fidélité Monoprix est reconstituée grâce à un numéro de téléphone et reste maintenant disponible « on line » sur simple présentation de la bonne appli qu’il a suffi de télécharger, installer, identifier, mettre sur l’écran d’accueil, ah ben non il est verrouillé, voilà, vous voyez le code barre, ah non, faudrait que vous le retourniez, non dans l’autre sens, cette fois c’est bon, ce qui évite le syndrome dit de « zaï zaï zaï » (pour les nuls, se procurer en urgence l’indispensable ouvrage de Fabcaro).

 

Lors de la préparation de l’anniversaire d’une amie trentenaire (pour raison de confidentialité, l’âge a été changé) férue de voyages, mais plus trop à l’approche de la quarantaine (pour raison de confidentialité, l’âge a encore été changé), s’amuse à subtiliser une brochure de voyages et à en découper quelques photos avant de les coller sur un paquet cadeau digne de célébrer un demi-siècle (pour les nuls, oui, c’est toujours pour la même raison).

La fête passée, l’œil est attiré par les 95% de brochure intacte dont un voyage en Chine qui a l’air vachement bien, et il y a Pékin et la grande muraille et t’as vu la croisière, tiens justement demain on repasse devant l’agence, on pourrait aller voir. L’agent de voyage visiblement pas experte de l’Empire du Milieu n’a pas à forcer son talent puisque, de toute façon, ça reste vachement bien et se contente de mettre un peu de pression sur les délais. A la sortie le conjoint s’inquiète sur le thème « j’ai l’impression que tu étais prête à réserver – ah ben non je suis pas folle et de toute façon, elle a bloqué les places et elle nous a laissé deux jours ».

Le temps de convertir quelques bitcoins et d’un aller-retour en Suisse, l’acompte est versé, mais on pourrait demander une prolongation pour Hong-Kong, ça te plairait !

 

 

Retraites numéros 1 et 2

1 et 2 prennent l’habitude de venir rue Juliette Dodu garder l’enfant de l’enfant numéro 1, de façon assez peu efficace puisque son premier doudou (pour ceux qui croient avoir suivi, non, ce n’est pas la cafetière) reste sa maman qui se trouve -par un heureux hasard pour lui et malheureux pour la mission qu’on est supposé remplir- présente en télétravail à portée de câlin.

Hors les murs, on abandonne progressivement les virées au super U pour le centre commercial de Val de Fontenay, son manège, son resto BoHeBon, ou, les grands jours, pour le centre Tignous de Montreuil qui a la bonne idée de présenter une exposition Tignous, et, en saison, les vitrines parisiennes des Galeries Lafayette.

 

Pour leur déplacement dans la Drôme, les parents du groom résolvent tant bien que mal leur problème d’apparence en faisant appel à The Kooples, puis dédaignant une proposition de personal shopper en s’adressant au miaou des Batignolles, commerce de proximité (au moins quand on réside aux Batignolles) où une experte très investie de sa mission de conseillère de la mère du marié déniche quelques bijoux, pantalons et robes en affirmant que et voilà, ça fait le job.

Après la noce, de retour en région parisienne, après mise à disposition du contenu du photomaton ®, les parents souffreteux sont surtout rassurés qu’aucune intervention du corps médical ne se soit avérée nécessaire.

 

 

Retraite numéro 2

En se faisant un peu prier, mais pas trop, mais quand même, livre un discours quasi inaugural (car ainsi en ont décidé les maîtres de cérémonies non sans s’être enquis du ton général de la prestation) à la cérémonie pas civile ni religieuse du mariage d’enfant numéro 2. Il y est question du temps qui passe et du temps passé, de la maternité (celle où on est allé le chercher) des noms et surnoms, de Rinounou à Chaton, des détestables pharmaciens lyonnais, un peu de Bob Dylan, du bermuda onion et son marbre redoutable, un peu des traumatismes du choix des vêtements (que portent les parents) et beaucoup de la faluche (que portèrent, entre autres, l’enfant et la jeune épousée), dont l’évocation semble faire remonter quelques souvenirs dans une grande partie de l’assistance et enfin du temps à venir qui reste le meilleur.

 

Pour compenser la déprimante et inextricable absence de carte vitale de sa conjointe, décide de dématérialiser la sienne sur son téléphone, opération relativement simple, à condition de posséder l’originale et totalement inutile puisque le premier pharmacien cobaye ne voit même pas ce qu’il pourrait faire avec le téléphone d’un patient.

 

 

Vaste monde cruel

L’année commence cruellement et Carla Bruni, Amanda Lear, Mick Jagger (que le Figaro appelle « Le monde de la culture » et il n’est pas question de Rachida Dati) pleurent Marianne Faithfull. Nous aussi avec des souvenirs de la -encore- jeune et belle chantant working class hero poing levé et de la -déjà- vieille dame appuyée sur des béquilles croisée à un concert de Leonard Cohen.

Le monde de la musique perd aussi Roberta Flack, Peter Yarrow de Peter Paul & Mary, David Thomas de Père Ubu, Nicole Croisille une femme avec toi, Steve Cropper funkiste, Jimmy Cliff reggae man, Ozzy Ozbourne chanteur bien fêlé, Hermeto Pascoal jazzeux, Rick Davis supervagabond, Jogn Lodge un Moody Blues qui chante la nuit, Chris Rea ex-miraculé du pancréas.

Charlie Kirk militant antipathique, Jean Tiberi truand parisien, Claude Allègre expert en Soufrière.

Au cinéma : Bertrand Blier, Val Kilmer, Yves Boisset, David Lynch, Robert Redford le kid de Butch, Diane Keaton l’Annie de Woody, Bjorn Andresen (trop) beau gosse de Mort à Venise, Terence Stamp, Gene Hackman et les pétroleuses Claudia Cardinale et Brigitte Bardot.

Mention spéciale aux deux Wilson : Brian auteur compositeur des Beach Boys qui n’avait peur que de McCartney, puis Bob, metteur en scène de Puccini à Tom Waits et de Bach à Rufus Wainwright.

Philippe Soulas et Edika, dessinateurs.

Philippe Labro parolier pour Johnny et présentateur pour Bolloré, Jean-Luc Petitrenaud auteur d’escapades gourmandes, Thierry Ardison intervieweur énervant et Jean-François Kahn dépasseur de clivage professionnel.

Et après une dernière apparition le dimanche de pâques, Jorge Mario Bergoglio, pape.

 

L’affaire Sarkozy (précision utile : celle du financement de sa campagne par Khadafi) se conclut par une condamnation à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt et exécution provisoire (pour les nuls, même si tu fais appel, tu vas en taule). On doute jusqu’au bout que l’incarcération puisse avoir réellement lieu, jusqu’à ce qu’elle ait réellement lieu, le 21 octobre, sans qu’on sache si en prison il devra porter son bracelet électronique (précision utile celui que lui a valu l’affaire de « corruption et trafic d’influence, pour les écoutes “Bismuth” »).

Pendant qu'une partie de la France savoure l’instant (dont certains en buvant un whisky français en hommage à la justice française) qu'on sait de courte durée, et qu’une autre crie que c’est juste, l'ex met à profit de tâter de la cellule humide pour entamer un régime yaourté et rédiger un ouvrage bien senti d'où il ressort qu’il n’a pas savouré ces instants mais se range catégoriquement du côté de ceux qui pensent que c’est juste. Circulent sur internet certaines extraits où il se lamenterait de la qualité du papier (qu’il soit hygiénique ou à lettres). Ce sont des faux plus vrais que nature ; en revanche, il se plaint réellement de l’absence de pommeau de douche et se félicite de s’être fait une nouvelle copine en la personne d’une autre femme politique avec qui il partage un besoin de reconstruction de la droite, une propension à traîner quelques casseroles et à jouer les Calimero en se prenant pour Navalny, Mandela et Martin Luther King. Il est déchu de sa légion d’honneur, événement qu’on apprécie d’autant plus qu’on sait que l’actuel président était contre.

 

A propos de quelques pratiques qu’on dit condamnables mais courantes dans certaines institutions religieuses Bayrou ne savait pas mais sait qui savait, en toute logique, il ne doit pas savoir ce que savaient ceux qui savaient.

Le 12 juin 2025, à l’occasion de l’assassinat d’une surveillante de collège, il se déclare favorable à tout ce qui peut améliorer la sécurité.

Pour préparer les économies nécessaires à son prochain budget, il préconise la suppression de deux jours fériés. Malgré le soutien tout en subtilité de Marc Fesneau, député du Loir-et-Cher qui déclare « Aujourd'hui les jours fériés sont payés, la seule différence c’est qu’ils seront travaillés », la proposition n’obtiendra pas le succès escompté auprès de ces fainéants de travailleurs.

 

Le 6 Mars 2025, Sébastien Lecornu assénait que : « des programmes d’armement c’est de la création de richesse » ; le réarmement a le vent en poupe, et c’est lui qui est nommé premier ministre, en septembre, et puis non, et puis si, et avec toujours la même ministre de la Culture.

Il se fixe l’objectif de faire établir avant la fin de l’année un budget pour la France, faute de quoi des ulcères affligeront l'homme et le bétail, la grêle détruira les récoltes et les arbres, les ténèbres dureront trois jours et Rachida Dati restera à la Culture.

 

Au Chili, et cette fois -pour le moment- sans tuer personne, un candidat d’extrême droite arrive au pouvoir. Une fois le résultat connu, un groupe d’admirateurs scande "Pinochet, Pinochet" et brandit des portraits de l'ex-dirigeant, qu'a défendu par le passé le président élu.

D’une façon générale, le dérapage incontrôlé à droite semble assez tendance de par le monde.

 

 

Voyages

« Puffin compares to ewe » : cette assertion référence à l’excellente chanson du regretté Prince, popularisée par la regrettée Sinéad Oconnor sert de légende au dessin d’un macareux perché sur le dos d’un mouton et résumerait bien un voyage où on va enfin visiter la « ewe experience », à quelques kilomètres de Glengariff jardin bizarre fait de bric et de broc, peuplé d’escargots géants, de trônes abandonnés, de renards dans un berceau et finalement de peu de moutons sauf en tenue de paysan. On apprend que l’endroit qu’on a raté pendant des années ferme finalement ses portes.

On nous avait indiqué un nouveau paradis des macareux en nidification. Après un échec total en Islande (2023) et un succès mitigé aux sept îles, au large de Perros-Guirec (2024), 2025 est enfin l’année où l’on est in the right place at the right time et les volatiles viennent se bousculer à nos pieds et nous manger dans la main, malgré le vertige qui nous cloue au bas de Skellig Michael. On les photographie en marche, au repos et en vol, mais pas s’accouplant, ce qui est pourtant normalement la raison de leur court séjour sur place. On est bien en Irlande et ses glaces « 99 » qui coulent le long du cornet (sans doute à cause de la chaleur) à peine a-t-on eu le temps de s’emparer de la barre de chocolat. On fait l’impasse sur le Gap of Dunloe et sur l’achat du quasi-rituel CD de musique folklorique qu’on ne pourrait écouter dans un véhicule de location limité au mp3. (Un expert en marketing serait bien inspiré en conseillant aux vendeurs de CD et aux loueurs de voiture qui ont la même cible de clientèle d’accorder leurs violons et leurs bodhrans).

En revanche, on teste à Killarney la dégustation du terrible affrontement Irish whiskey contre Scottish whisky. Il n’est heureusement pas demandé au client de se prononcer.

 

On a réservé la traditionnelle soirée d’un bel anniversaire, cette fois le restaurant est supposé se déplacer (d’où sa présence dans la rubrique voyages) mais on apprend le matin du soir qu’il n’en sera rien pour un problème de batterie. On accepte quand même, car le concept du « sur Seine » reste sur Seine même à quai. Le restaurateur rappelle bien vite s’avisant assez tardivement que sans batterie le bateau ne bouge pas et les plats ne chauffent pas. On se rabat en catastrophe sur le Pavyllon, restaurant de rez-de-chaussée et d’entrée de gamme (malgré le « y » qui lui donne un certain prestige) du groupe Yannick Alléno.

 

Pour célébrer les cinquante ans de leur arrivée dans une école stéphanoise, quatre ex partagent l’idée d’une réunion exceptionnelle mais contrainte par certaines règles de majoration temporelle (trois heures, ça va) et d’équidistance. Le barycentre semble se situer autour de Bourges où l’on va se retrouver dans ce qui, bien que l’expression eût fait florès, ne fut finalement pas un cloaque. Les mineurs satisfaits et satisfaisants reçoivent même de la propriétaire du lieu un diplôme de bon voyageur qui signifie qu’ils n’ont rien volé et bien nettoyé en partant.

 

Pour une petite visite à Guédelon où quelques passionnés construisent un château sans électricité mais avec des chaussures de sécurité, on se pose à Saint Fargeau, son musée de l’aventure du son et son château qui a hébergé la grande Mademoiselle et Jean d’Ormesson (pas la même nuit).

 

On passe quelques jours à Aix-en-Provence pour le bestiaire magique de Niki de Saint Phalle. On en profite pour admirer quelques montagnes et quelques pommes de Cézanne, mais assommé par un covid, pas pour déguster la bouillabaisse espérée à Marseille.

 

 

Musique et autres distractions

Ainsi va l’Opéra moderne : malgré une vue perçante qui lui permet d'admirer les toits de Montmartre depuis la navette spatiale ou il est en perdition, Rodolfo ne parvient pas à réchauffer les doigts de Mimi ni à ne pas mourir asphyxié dans un terrain vague vaguement lunaire. Aida joue de la trompette en treillis tandis que les adversaires épargnés dans l'œuvre originale sont liquidés d'un coup de kalachnikov, mais Figaro se marie malgré un Chérubin casquette à l'envers et les Walkyries chevauchent tranquillement (en tenue de plongée).

 

Sans treillis mais en noir sur une scène obscure, Dylan travaille son camouflage. Quand il se tourne de son tabouret de piano pour prendre sa guitare, il se retrouve complètement dos au public.

 

 

Travaux et aménagements

Toujours en attente d’un toit conforme aux règles de l’art et, sachant que se tient le 7 mai au tribunal de Nanterre une audience spécialement dédiée au manque de paisibilité de la jouissance de la maison, on commence à flipper grave pour savoir comment ça se passe et quels arguments risquent de s’opposer à notre bonne foi et notre impaisibilité.

On contacte le cabinet gracieusement missionné pour nous représenter. Maître Averèle Koudoyor nous rassure sur le fait que tout se passera entre avocats et qu’elle n’a pas besoin de plus d’information que le dossier est solide (à défaut du toit) nous pouvons rester, paisiblement ou pas, chez nous.

Il semble a posteriori que tout se soit bien passé (sans qu’on sache vraiment tout quoi) et qu’un expert indépendant ne devrait pas tarder à rentrer en contact (sans qu’on sache vraiment avec qui).

Se tient une réunion téléphonique obligatoire entre une médiatrice (diplômée d’état et assermentée), les plaignants (pour les nuls : nous) et une dame pas très au courant qui nous demande si par hasard, on n’aurait pas des nouvelles de l’entrepreneur qui a disparu mais qu’elle semble représenter de loin. La réunion d’information sur la médiation consiste à informer les parties qu’il peut y avoir une médiation. Vous causerez ou pas et ça va vous couter des sous.

On doit constater l’échec de la médiation par absence d’un médié, et on reçoit via Maître Dikpeu-Eric Bale (au nom quand même moins fun qu’Averèle) une proposition de dédommagement par le conseil de la partie adverse.

Le protocole signé le 4 décembre, sur la base du devis établi le 8 juillet 2024 donne quinze jours au payeur pour payer.

 

Le scooter électrique péniblement importé fonctionne parfaitement mais l’importateur a fait faillite et l’entretien nécessaire devient difficile à faire réaliser. On trouve une officine qui travaille en déléguant un mécanicien sur place. Le gars se pointe donc sentier de la sablonnière avec trois clefs à molette et deux tournevis, et comme on lui demande si tout va bien répond que oui, ça a l’air, mais vous savez, s’il y a des problèmes, on attend plutôt que le client nous les signale.

 

 On fréquente la rue des Dames suffisamment pour obtenir une facture de gaz qui permet de s’inscrire sur les listes électorales et voter de façon à laisser la ministre-maire-candidate à la Culture (tant pis pour la Culture).

 

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Travaux et aménagements

Sans nouvelle du payeur supposé du protocole, on présente hypocritement nos vœux à Maître Bale en espérant surtout qu’il va se bouger pour récupérer les fonds supposés passer par lui, avec pour objectif final de faire effectuer en 2026 les travaux du devis de juillet 2024 rendus nécessaires par rénovation de 2023.

 

On aimerait aussi dénicher un réviseur de scooter plus autonome.

 

 

Petit enfant numéro 1

Ses grands-parents (pour les nuls : appelés plus haut parent numéro 1 et parent numéro 2) jugent malin d’offrir un livre souvenir retraçant son année écoulée. Feuillette machinalement l’ouvrage jusqu’à tomber en arrêt devant les photos où il reconnaît la cafetière et bien qu’il sache au moins dire « le chat », « maman », « papa », et « cafetière » déclare « c’est chaud ». Une fois le livre refermé, réclame périodiquement et véhémentement qu’il soit rouvert à la page intéressante.

 

Projets, voyages et déplacements

Il n’est plus question de chercher les macareux dont on a eu une bonne dose, mais on nourrit l’espérance que le bateau Ducasse Sur Seine se munisse de solides batteries capables de nous faire naviguer le temps d’un bon repas bien chaud.

Aller en Chine, et prolonger à Hong Kong (ça te plaira) d’autant que malgré la Visa premier et l’Amex gold, on a souscrit à l’assurance du voyagiste, c’est quand même plus sûr.

 

Vaste monde cruel

On espère un budget pour la France (sinon grêle, sauterelles, famine et augmentation du prix du timbre).

Donner à l’ancien Président les moyens de rédiger in situ le tome 2 de son déchirant best-seller, et pourquoi pas en compagnie de sa nouvelle amie, voire de la plus ancienne encore à la Culture.

 

 

 

 

 

 

 

Parent numéro 1 : Hélène. Bisous et bonne année.

 

 

 

 

 

 

Parent numéro 2 : Didier. Bisous et bonne santé.